Le bassin bordelais abrite de nombreuses entreprises emblématiques du tissu industriel français, qui ont dû prendre des mesures face à la progression des flammes.
L'incendie en Gironde a déjà parcouru 42.000 hectares, soit 4 fois la superficie de Paris (illustration) ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Outre les dizaines d'habitations et milliers d'hectares détruits par les flammes, les incendies de Gironde perturbent la bonne marche de plusieurs poids-lourds français de l'aéronautique, au coeur d'un bastion historique de l'industrie français.
Pôle de l'industrie militaire
Face à la propagation du feu en Gironde, Dassault Aviation a ainsi indiqué avoir transféré un "certain nombre d'équipements sensibles" notamment vers son site de Mérignac où sont assemblés des Rafale et qui était à l'arrêt lundi.
"En coopération étroite avec la direction générale de l'armement et les autorités préfectorales, nous avons été amenés à transférer un certain nombre d’équipements sensibles de notre site de Martignas et du centre logistique de Cestas (situés en Gironde, NDLR) vers notre site de Mérignac et la base aérienne 106", près de Bordeaux, a indiqué Dassault à l'AFP.
Selon le groupe, les salariés des usines de Mérignac et Martignas "restent chez eux (pour ceux qui n’ont pas été évacués), sauf les équipes indispensables aux transferts d’équipements et à la protection de nos emprises, afin de faciliter la lutte contre l'incendie".
Le carburant des stratégiques missiles M51
Le site de Dassault Aviation à Mérignac est situé à côté de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac et est le grand site d'assemblage final et d'essai en vol d'avions de combat Rafale et de jet d'affaires Falcon. Celui de Martignas-sur-Jalle est spécialisé dans les aérostructures.
ArianeGroup, qui possède plusieurs sites près de Bordeaux, a de son côté indiqué lundi matin que "tous les sites concernés" avaient été "évacués", dont celui Saint-Médard-en-Jalles, spécialisés dans le chargement en propergol. Ce combustible hautement inflammable est dédié à la propulsion des missiles balistiques M51, fer de lance de la dissuasion nucléaire française. "Toutes les mesures nécessaires ont été prises pour les sécuriser", a indiqué un porte-parole d'ArianeGroup, sans plus de détails.
Airbus Atlantic a pour sa part fait évacuer en urgence ses employés vendredi dernier, à la demande des autorités. Les flammes ont approché à 4 kilomètres seulement du site de Salaunes, où sont fabriqués des éléments de fuselage des A220 et A350.
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